Liberté d’expression : le SAMNA-CGT dénonce la censure à Grayan-et-l’Hôpital

Le SAMNA-CGT, syndicat représentatif des musicien·nes de Nouvelle-Aquitaine, membre du SNAM-CGT et de la CGT spectacle, prend connaissance avec effarement du communiqué de presse du 31/08/2026 du groupe Parti Collectif. Il exprime sa vive préoccupation et son indignation face à l’atteinte portée à la liberté d’expression des artistes du groupe, lors de leur concert du 25 août 2026 à Grayan-et-l’Hôpital (Gironde).

Alors que le groupe, programmé par la mairie dans le cadre des Scènes d’été en Gironde — et donc avec le soutien du Département — animait une soirée festive et réussie, le maire de la commune a publiquement intimé l’ordre aux musicien·nes de ne pas évoquer un sujet d’actualité : l’opposition citoyenne à l’installation d’une usine d’élevage de saumon au Verdon. Pire, les élu·es présent·es ont ensuite menacé le groupe de ne plus être programmé sous prétexte qu’ils étaient « payés par la mairie » et n’avaient donc « pas à contredire le maire ».

Le SAMNA-CGT rappelle que la liberté d’expression est protégée par la Constitution, et la création artistique par la loi. Les échanges avec le public, les improvisations et les prises de position font partie intégrante de la création artistique et du spectacle vivant. Si les artistes avaient par exemple tenu des propos incitant à la haine, le maire aurait été dans son droit de faire respecter l’ordre public. Or, dans ce cas, le groupe n’a même pas pris position pour ou contre le projet de ferme de saumons : ils et elles ont simplement fait une note d’humour en réagissant à la présence de militant·es dans le public.

Aucune autorité locale ne peut s’arroger le droit de censurer ou de conditionner la liberté d’expression des artistes pour la simple raison qu’un sujet dérange. Une telle intervention constitue une atteinte grave à la liberté artistique et à la liberté d’expression, deux principes fondamentaux que notre organisation syndicale défend sans compromis.

Le SAMNA-CGT rappelle également que l’exclusion d’artistes d’une programmation pour avoir exercé leur liberté d’expression constitue une censure invisible, aux conséquences sociales graves : perte de revenus et de droits sociaux. À une période où les musicien·nes subissent déjà de plein fouet la violence économique du gouvernement, c’est vraiment la double peine. Le SAMNA-CGT condamne fermement ces pratiques relevant du fait du prince. 

Le SAMNA-CGT apporte son soutien total à Parti Collectif et dénonce fermement toute tentative de banalisation de la censure, qu’elle soit « grande » ou « petite ». Ces pratiques, si elles ne sont pas combattues, risquent de s’étendre et de menacer la liberté des artistes et la diversité des expressions culturelles.

Nous appelons :

  • La ville de Grayan-et-l’Hôpital à s’excuser publiquement auprès du groupe et à garantir que de telles pressions ne se reproduiront pas, dans la mesure où l’expression artistique ne constitue aucune atteinte à l’intégrité des personnes ou des biens ;
  • Le public et les citoyen·nes à rester vigilant·es et à dénoncer toute tentative de contrôle ou de restriction de la parole artistique. La culture ne se soumet pas, elle s’exprime !

Le SAMNA-CGT rappelle que l’art est un espace de débat, de critique et de résistance. Nous ne laisserons pas les pressions politiques étouffer la voix des artistes ou les spolier de leurs revenus et droits sociaux.

Contact presse : contact@samna-cgt.org – 06 95 49 22 28

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